La société hypermoderne, du fait de ce nouveau rapport au temps et à l’espace, va générer un nouveau rapport aux autres. C’est par rapport à soi-même que l’on veut vivre intensément, alors que c’est par rapport aux autres que l’on veut être le plus visible possible.
Un nouveau rapport aux autres
Etre c’est être perçu. Je n’existe pas si je ne suis pas visible. Ce que je suis est absorbé par rapport à ce que je parais. Les images deviennent la réalité qui compte.
Des rapports éphémères
L’individu, perturbé par la vision court terme de notre société et les changements permanents qu’elle impose, un nouveau type de rapports aux autres se met en place, « Un rapport dans lequel les engagements durables et attachants s’effacent devant des rencontres brèves, éphémères, des rencontres interchangeables, qui cessent aussi vite qu’elles ont commencé ». Autrement dit, nous avons des liens sociaux qui sont plus nombreux qu’auparavant, plus faciles à établir, mais qui sont aussi plus fragiles.
Des relations liquides
D’après Zygmunt Bauman, dans La vie liquide, « Les liens humains, dans cette modernité liquide, sont véritablement fragiles et, dans une situation de changement constant, on ne peut pas s’attendre à ce qu’ils demeurent indemnes. Se projeter à long terme est un exercice difficile et peut de surcroît s’avérer périlleux, dès lors que l’on craint que les engagements à long terme ne restreignent sa liberté future de choix. D’où la tendance à se préserver des portes de sortie, à veiller à ce que toutes les attaches que l’on noue soient aisées à dénouer, à ce que tous les engagements soient temporaires, valables seulement «jusqu’à nouvel ordre ».
La substitution de la notion de « réseau » à celle de « structure » dans les descriptions des interactions humaines contemporaines traduit parfaitement ce nouvel air du temps.
Contrairement aux « structures » de naguère, dont la raison d’être était d’attacher des nœuds difficiles à dénouer, les réseaux servent autant à déconnecter qu’à connecter…
Sources
Nicole Aubert, La société hypermoderne
Annah Arendt, L’homme moderne
Zygmunt Bauman, La vie liquide